Mardi 30 mars 2010
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11:13
Journée de grisaille pour ce 20 mars plutôt humide.
C'est pourtant déjà une ambiance printanière qui refleurit - au sens propre - sur
les quais de Montreux, déjà très colorés.
Une très bonne occasion
pour parcourir la vingtaine de kilomètres qui relie Montreux à Saint-Gingolph, point de départ possible pour la suite de la Via Alpina en Chablais. Deux options sont en effet possibles pour
relier Chamonix: 1/ attaquer directement le GR5 à Saint-Gingolph pour remonter le vallon de Novel, rejoindre les chalets de Bise puis Abondance avant de faire l'ascension de la Haute-Cîme des
Dents du Midi par Champéry 2/ rejoindre plus rapidement Champéry puis les Dents du Midi par la plaine du Valais. A voir en fonction du temps, dans les deux sens du terme.
L'étape d'aujourd'hui est quasiment plate puisqu'il ne s'agit que de contourner le Haut-Lac pour rejoindre la frontière de la Haute-Savoie. Elle est intéressante, en revanche, par l'écosystème
intéressant des Grangettes qu'elle permet de découvrir.
Les cinq premiers kilomètres suivent le parcours du bord de lac de Montreux à Villeneuve, en passant par le château de
Chillon, forteresse moyennâgeuse successivement possession de la Maison de Savoie (au moins depuis l'an 1150), des Bernois puis du Canton de Vaud dès la
fondation de celui-ci en 1803. Le château a gagné une notoriété large depuis la fin du 18e siècle, avec Rousseau tout d'abord, qui y situe un épisode de La nouvelle Héloïse, et surtout
avec Lord Byron et son poème Le Prisonnier de Chillon.
Montreux en fleurs

Le château de Chillon vu depuis Territet

Le château de Chillon, où
s'affichent toujours les couleurs de la Maison de Savoie
A l'approche de Villeneuve, on reconnaît immédiatement le paysage particulier des rivages du
Haut-Lac, autour de l'embouchure du Rhône. Surplombée par les sommets du Chablais valaisan s'étire en effet la large réserve naturelle des
Grangettes, étonnant paradis pour les oiseaux et la
faune et la flore lacustres.

Les sommets du Chablais valaisan; au-dessous, on aperçoit les Grangettes

La très controversée "statue sans
mains" à Villeneuve

Depuis Villeneuve, vue en arrière vers Montreux, Vevey et Lausanne
Les Grangettes, "réserve d'oiseaux d'eau et de migrateurs d'importance internationale" forme
comme un delta autour du Rhône qui se jette dans le Léman à proximité de Port Valais. Il faut les traverser sur une petite dizaine de kilomètres, dans un paysage de forêts basses et humides, de
plages bordées de roseaux et de marécages. On y croise de nombreux petits canaux allant se jeter dans le lac, le Grand Canal, bordé de mini-chalets en bois et couverts de pontons et d'amarrages
de petits bateaux, puis enfin le "Grand Fleuve" que l'on traverse sur une passerelle de fer peu esthétique qui marque la limite entre les Cantons de Vaud et du Valais.

Attention, domaine protégé!

On croise ici et là quelques sculptures sylvestres...

Du bois et des roseaux






Le "Grand Canal"

La dernière cabane qui rappelle qu'il
y a peu, les paysans de la plaine du Rhône
n'étaient pas sédentaires, mais se déplaçaient en fonction des conditions d'un chalet à l'autre

Depuis la "prairie", panorama depuis la Cape
au Moine jusqu'au col de Chaude
en passant par les Rochers de Naye

Enfin, le Rhône à son embouchure!

La passerelle- on entre en Valais
Port-Valais se donne des airs de Petite Camargue autour du lac du même nom. L'architecture est à
la hauteur.


Après Le Bouveret, il n'y a plus qu'à suivre la route longeant la ligne du Tonkin - en service,
de ce côté-ci! - jusqu'à Saint Gingolph, sous les silhouettes massives du Grammont et des Cornettes. Ainsi que sous un délicat crachin de mars...

Good old road

Arrivée vers la franco-suisse Saint-Gingolph......

..."entre mer et montagnes"

Les bateaux rentrent pour le soir
Dans "les communes" de Saint Gingolph - il y a une administration communale suisse et une
administration communale française - on rejoint la Morge, rivière qui fait comme son nom l'indique la frontière depuis le lac jusqu'à la Dent du Velan, au-dessus de Neuteu, sur 7 km. C'est par le
vallon de Novel qu'elle suit que s'engage le GR5.
Par Nelly Morisot
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Lundi 7 septembre 2009
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13:23
La Via Alpina, itinéraire de montagne traversant l'arc alpin de Trieste à Monaco, comporte
plusieurs variantes permettant d'adapter les itinéraires, la difficulté et la longueur du parcours.
En Suisse, deux tronçons très différents sont proposés. L'itinéraire rouge, le plus emprunté, parcourt le sud du pays dans sa longueur, notamment les Grisons et le Valais, tandis que l'itinéraire
vert, qui lui est grossièrement parallèle, relie Vaduz à Montreux en traversant les cantons de Saint-Gall, de Glaris, d'Uri, d'Oberwald, de Berne et de Vaud.
C'est ce dernier itinéraire, long de 370 km, avec 25 000m de dénivellation totale, que je décide d'entreprendre, en deux fois, au cours des étés 2008 et 2009.
Retrouvez le carnet de route et les images de ce joli voyage étape par étape:
Etape 1: Vaduz-Sargans
Etape 2: Sargans-Weisstannen
Etape 3: Weisstannen-Elm
Etape 4: Elm-Linthal
Etape 5: Linthal-Urnerboden
Etape 6: Urnerboden-Altdorf
Etape 7: Altdorf-Engelberg
Etape 8: Engelberg-Engstlenalp
Etape 9: Engstlenalp-Meiringen
Etape 10: Meiringen - Grindelwald
Etape 11: Grindelwald-Lauterbrunnen
Etape 12:
Lauterbrunnen-Rotstockhütte
Etape 13: Rotstockhütte -
Griesalp
Etape 14: Griesalp-Kandersteg
Etape 15: Kandersteg-Adelboden
Etape 16: Adelboden-Lenk
Etape 17: Lenk-Gstaad
Etape 18: Gstaad-L'Etivaz-Lac
d'Hongrin
Etape 19: Lac d'Hongrin-Rochers de
Naye
Etape 20: Rochers de
Naye-Montreux
Par Nelly Morisot
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Dimanche 6 septembre 2009
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11:55
Dernière nuit très mouvementée, nuit de tempête et d'orage sous la tente, passée à attendre le lendemain avec impatience. Mais le matin,
c'est le bonheur: lever de soleil splendide sous un ciel clair.
La dernière étape n'est qu'un délice pour les yeux. Il ne s'agit plus que de redescendre jusqu'à Montreux (un peu plus de 13km, +300m, -1880m) et de se régaler de la vue sur le lac, le Valais, le
massif du Mont-Blanc et le Chablais.
D'en haut, c'est une belle
sensation que de se tourner en direction du point de départ, à 370km de marche. On ne voit pas jusqu'à Vaduz, loin s'en faut, mais les sommets de l'Oberland se distinguent très bien. Ce soir, à
la fin de ces 20 étapes, j'aurais donc parcouru 370km, pour un peu plus de 24 000m de dénivellation totale.
Une petite satisfaction personnelle, car cet itinéraire précis, je l'ai planifié il y a un peu plus de trois ans quand, tout juste opérée à coeur ouvert, je me jurais de recommencer la montagne
comme avant. Maintenant, c'est fait.

Le lever de soleil annonce déjà la lourde chaleur du jour

Regard vers le chemin parcouru

Petit déjeuner avec vue sur le Mont-Blanc et les Dents du Midi


Tout au fond, on devine encore l'Eiger et la Jungfrau
La descente est courte, à peine plus de 13 km, mais rapide, puisqu'il faut avaler près de 2000m de dénivelé. Tout ceci avec une vue sublime sur le lac.

Début de la
descente face aux Cornettes de Bise et à la Dent d'Oche






Le chemin mène d'abord dans les petits villages qui surplombent le lac, avant d'entrer en zone périurbaine à Caux. Suivent Glion et Montreux.

Maison de contes de fée au Liboson d'en Haut

Le château de l'école hôtelière de Caux, pour une fois vu de
près


A l'approche de Montreux

Arrivée à Montreux en début d'après-midi, il fait bon de profter de la douceur du lac à côté du château de Chillon. Les pieds dans l'eau, après cette semaine, c'est
le bonheur!


Par Nelly Morisot
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Dimanche 6 septembre 2009
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05:14
Départ de bonne heure pour le dernier point culminant de mon cheminement, les Rochers de Naye. Du fait de la modification d'itinéraire d'hier,
l'étape est plus courte: 20km, +1600m, -1000m.
Après une nuit à la belle étoile au bord du lac d'Hongrin, le réveil se fait sous un ciel étoilé d'une clarté parfaite. Mais l'orage est annoncé pour ce soir, il faudra donc s'attendre à une nuit
plus mouvementée.

Petit déjeuner frugal
Depuis le lac, il me faut retrouver l'itinéraire normal à peu près à la hauteur de la Vuichoude d'en Bas, en évitant le passage par la pointe de
l'Aveneyre. C'est par un tunnel creusé dans la pierre quelques centaines de mètres en amont du barrage d'Hongrin que l'on rejoint la Via Alpina en dessous de Sonlomont, pour redescendre sur la
Vuichoude.

Entrée dans le tunnel

En arrière, sur le lac d'Hongrin, le soleil
n'est pas encore tout à fait levé

De l'autre côté, c'est déjà le jour
La montée au col de Chaude se fait ensuite par une série d'alpages, dont la Vuichoude d'en Haut. Du col, la vue s'ouvre d'un côté sur le bout du lac d'Hongrin et le
massif du Gummfluh qu'il a fallu contourner hier en descendant sur l'Etivaz, de l'autre sur le bout du lac Léman (puisque nous sommes juste au-dessus de Villeneuve) et le Chablais. La Dent d'Oche
est désormais à portée de main!

Montée au col de Chaude

Au-dessus de la Vuichoude d'en Haut, à quelques mètres du col, vue du côté d'Hongrin

Du col de Chaude, vue sur le bout du lac Léman. Au-dessus, la Dent d'Oche et les
Cornettes
Il reste une bonne heure de marche pour rejoindre les Rochers de Naye. La randonnée se fait moins tranquille, car le lieu est fréquenté, même si la plupart des
viviteurs du "Paradis des Marmottes" (encore un!) y monte en train. Tellement fréquenté d'ailleurs que la vie des moutons des alpages environnants n'y est pas rose. Aujourd'hui, c'est un chien de
promeneur qui causera une chute tragique...

L'arête finale. Au loin, on aperçoit le relais électrique
des Rochers de Naye

Le drame du mouton

Les rochers e Naye,
paradis des Marmottes...et d'une Dame Renne
Les Rochers de Naye marquent définitivement le retour à une forme de civilisation plus animée. Ce soir, une vingtaine de personnes est montée pour passer la nuit
dans les yourtes installées aux côtés du complexe mi-muséographique mi-hôtelier. Pour ma part, j'installe soigneusement ma tente dans une combe en contrebas, à l'abri du vent. L'orage est annoncé
pour la nuit, et après presque dix jours de grosse chaleur, il risque d'être violent. Vivement demain matin!

Vue superbe sur les tours d'Aï
Dernières minutes de calma avant la tempête de la nuit
Par Nelly Morisot
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Samedi 5 septembre 2009
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23:58

La 18e étape de la Via Alpina a ceci de particulier qu'elle me permet de traverser une
frontière linguistique au niveau du col du Jable qui marque l'entrée dans le cantin de Vaud, et donc en Suisse romande.
Me préparant à deux nuits en extérieur (une semaine que je me trimbale la tente dans le sac à dos, il est temps qu'elle serve à quelque chose!), je suis un peu plus libre de mon organisation et
prolongerai donc un peu l'étape du jour (au total, une vingtaine de kilomètres, +1500m, -1200m).
Départ de Gstaad, montée à l'Eggli
La montée jusqu'à l'Eggli, chemin que je ne connaissais qu'en hiver, est plutôt rébarbatif et peu esthétique, puisque sur plusieurs kilomètres, à la sortie de la forêt, il longe les pylônes du
téléphériques. En haut, en revanche, la vue s'ouvre sur les Alpes bernoises, fribourgeoises et valaisannes, et tout de suite le col de Jable se montre au loin. Le cheminement se fait sous l'oeil
du Rubli, dont la silhouette tient lieu de repère tout au long du périple.

Le col de Jable et le Rubli au fond

Après quelques kilomètres, il faut traverser le Wilden Boden, la terre sauvage, dont le nom est plus effrayant que la réalité. C'est un terrain effectivement
cabossé, au sol racineux, mais rien de terrifiant.




Après une courte redescente à la sortie du Wilden Boden, il faut remonter vers le col de Jable par une série d'alpages et une courte combe finale.


Montée au col de Jable
Depuis le col, la vue s'ouvre sur la Suisse romande et même le Chablais français: on aperçoit déjà la Dent d'Oche!

Derrière le barbelé, c'est la Suisse romande

La Dent d'Oche au fond

Redescente sur les Salaires

A l'approche de l'Etivaz
Une longue descente en alpages et en forêt mène à L'Etivaz, où tout est consacré au fromage du même nom. Cela devrait être l'étape du soir, mais je décide
de pousser plus loins pour raccourcir l'étape de demain, puisque la météo devient de plus en plus incertaine.

Après le col des Moises, au lieu des disciplines nordiques, je continue encore quelques kilomètres puis redescent vers le lac d'Hongrin, tellement beau sous le
soleil couchant que j'en fais mon lieu de bivouac. Même pas besoin de sortir la tente!

Col
des Mosses

Le lac d'Hongrin sous le soleil de fin d'après-midi

Nuit à la belle étoile!

Coucher de soleil sur le lac d'Hongrin
Par Nelly Morisot
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Publié dans : Via Alpina
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